====== Chronologie du monde d'Arkadia ====== Nature de cette chronologie Cette chronologie constitue une **référence générale sur l'histoire du monde** et ne représente pas les connaissances accessibles aux habitants d'Arkadia. Les informations qui y figurent proviennent de sources très diverses : traditions historiques, récits religieux, recherches érudites, vestiges archéologiques ou connaissances présentées uniquement au lecteur. Certaines informations sont **inconnues des contemporains**, d'autres sont seulement supposées, déformées par les traditions ou connues de quelques spécialistes. Les personnages ne doivent donc pas être considérés comme ayant accès à l'ensemble des éléments présentés ici. ====== Âge du mythe ====== **env. -10 000 à -7 500 avant le Débarquement** L'**Âge du mythe** désigne les temps immémoriaux précédant l'émergence des premières grandes civilisations humaines. Les hommes vivaient encore pour l'essentiel en petites communautés primitives, tandis que les Yakkut ne formaient guère plus que des peuples dispersés. Cette époque correspond cependant à l'apogée de civilisations beaucoup plus anciennes, au premier rang desquelles figurent les **Nyms** et le mystérieux **Peuple des tombeaux**. Cet âge demeure presque entièrement inconnu. Les connaissances que les érudits en possèdent proviennent de rares vestiges archéologiques, de ruines profondément enfouies ou de fragments d'artefacts dont la fonction demeure parfois incomprise. Plusieurs découvertes majeures trouvent néanmoins leur origine dans ces civilisations disparues : les premières traces de la **Magie de la voix** sont attribuées aux Nyms, tandis que la **Pierre de Lune**, aux propriétés singulières, est généralement associée au Peuple des tombeaux. ===== Nyms et magie ===== Les Nyms semblent avoir développé une civilisation particulièrement avancée dans l'étude et la maîtrise de la magie. Les plus anciennes traces connues de la **Magie de la voix** et des **Mots de pouvoir** leur sont attribuées. Ces pratiques furent redécouvertes bien plus tard par les hommes, qui parvinrent à en reproduire certains principes sans jamais atteindre la maîtrise dont témoignent les vestiges nyms. Leurs ruines sont présentes aussi bien sur **Solarys** que sur **Paxia**, ce qui témoigne de l'étendue considérable de leur civilisation. Certaines anciennes cités ont entièrement disparu, tandis que d'autres ont été partiellement réoccupées par des peuples postérieurs. Plusieurs cités ostreziennes, notamment, semblent avoir été bâties sur des fondations bien plus anciennes, dont certains murs remontent probablement à l'époque nymique. La nature exacte de leur organisation politique demeure inconnue. Les érudits ignorent si les Nyms formaient un seul empire couvrant plusieurs continents ou s'ils étaient divisés en royaumes, cités ou peuples distincts partageant une culture commune. Leur disparition reste tout aussi mystérieuse. Aucun élément ne permet aujourd'hui d'identifier avec certitude les causes de leur déclin ou de leur extinction. Les traditions akkannes affirmaient que les Nyms avaient été punis par **Akkanor** pour leur arrogance et leur volonté de pousser trop loin leur connaissance de la magie. Cette interprétation appartient toutefois au domaine religieux et n'est étayée par aucune preuve historique connue. ===== Le Peuple des tombeaux ===== Le **Peuple des tombeaux** doit son nom moderne aux ruines monumentales découvertes dans les profondeurs des **Tréfonds**. Celles-ci prennent souvent la forme de vastes cités souterraines à l'architecture austère et inquiétante, construites à partir de blocs massifs de pierre sombre couverts de gravures. Plusieurs sites comportent également des effigies à moitié effacées représentant des êtres dont l'apparence ne correspond clairement à aucun peuple connu. Leur présence dans les Tréfonds ne se limitait pas à quelques cités isolées. Le Peuple des tombeaux avait aménagé de véritables voies souterraines reliant certaines de ses implantations. Plusieurs de ces anciennes routes existent encore et sont parfois utilisées par les mineurs, les explorateurs ou les caravanes capables de s'aventurer suffisamment loin dans les profondeurs. De rares ruines découvertes à la surface laissent penser que cette civilisation n'a peut-être pas toujours vécu sous terre. Leur origine fait l'objet de nombreuses hypothèses. Certains savants pensent que le Peuple des tombeaux aurait été progressivement repoussé dans les Tréfonds par l'expansion des Nyms. D'autres estiment au contraire qu'il pourrait être plus ancien encore et avoir précédé la civilisation nymique. Aucune de ces théories ne fait aujourd'hui consensus. Les connaissances disponibles à son sujet sont encore plus fragmentaires que celles concernant les Nyms. Là où ces derniers sont principalement associés à la magie, le Peuple des tombeaux est surtout connu pour les artefacts fabriqués à partir de **Pierre de Lune**. Cette matière prend généralement la forme de cristaux pâles ou sombres aux propriétés encore mal comprises. Sa caractéristique la plus remarquable est sa capacité à perturber profondément la magie. À proximité d'une quantité suffisante de Pierre de Lune, les mages peuvent se retrouver entièrement coupés du **Voile** et devenir incapables d'utiliser leurs sortilèges. Certains érudits décrivent ainsi la Pierre de Lune comme une matière capable de « manger la magie », sans que l'on sache si cette propriété était recherchée volontairement par le Peuple des tombeaux ou si elle constituait simplement une particularité naturelle du matériau. ====== Âge des premiers peuples ====== **env. -7500 à -5000 avant le Débarquement** L'**Âge des premiers peuples** est une période ancienne et encore très mal connue, située entre la disparition des grandes civilisations de l'Âge du mythe et l'apparition des premiers royaumes dont l'existence peut être établie avec davantage de certitude. Une part importante des mythes, récits fondateurs et légendes transmis par les peuples modernes pourrait trouver son origine dans des événements survenus durant cette époque, profondément transformés par des millénaires de transmission orale. C'est au cours de cette période que les ancêtres des humains, des Yakkut et de plusieurs autres peuples commencent à former des sociétés plus vastes et plus complexes. Les communautés jusque-là dispersées se sédentarisent progressivement, développent l'agriculture et l'élevage, fondent des villages permanents puis les premières agglomérations importantes. L'accroissement des populations favorise également les migrations, les conflits territoriaux, les échanges entre peuples et l'apparition des premières formes durables d'autorité politique. Certains érudits pensent que la disparition des Nyms joua un rôle déterminant dans cette transformation. Leur déclin aurait laissé de vastes territoires disponibles et fait disparaître une puissance qui, durant des millénaires, avait peut-être limité l'expansion des peuples plus jeunes. Cette hypothèse reste toutefois impossible à démontrer, tant les connaissances sur les dernières périodes de la civilisation nymique demeurent fragmentaires. L'Âge des premiers peuples couvre ainsi une période immense, depuis la sédentarisation des premières communautés jusqu'à l'émergence des premiers États organisés. Sa fin est généralement associée au développement des premières métallurgies et à l'apparition de sociétés suffisamment structurées pour laisser des traces historiques et archéologiques plus nombreuses. Les premiers royaumes connus de **Solarys** et les anciennes civilisations **yakkut de Paxia** apparaissent à la charnière entre cet âge et la période suivante. ===== Peuples paxiens ===== Sur **Paxia**, la principale civilisation à s'être développée durant l'Âge des premiers peuples fut celle des **Yakkut**. Leur foyer d'origine se situerait dans une vaste région orientale du continent connue sous le nom de **Larmes des Dieux**, ainsi nommée en raison des centaines de lacs qui parsèment ses plaines. Ce territoire conserve encore aujourd'hui une importance considérable dans leur culture et demeure un lieu de rassemblement majeur pour de nombreuses hordes yakkut. À partir de ce foyer ancien, les Yakkut se seraient progressivement diffusés à travers une grande partie de Paxia. Leur développement suivit cependant une voie très différente de celle des civilisations humaines. Malgré leur capacité à contrôler des territoires immenses, ils conservèrent presque partout un mode de vie principalement nomade et pastoral, organisé autour de **hordes** réunissant plusieurs communautés sous une même autorité. Certaines de ces hordes purent devenir suffisamment puissantes pour exercer leur domination sur de vastes régions sans pour autant y fonder de villes ou d'États permanents comparables aux royaumes humains. Les Yakkut domestiquèrent plusieurs espèces animales, mais ne développèrent jamais de véritable tradition de monte. Leur grande taille, leurs longues jambes et leur endurance naturelle leur permettaient de parcourir d'importantes distances à pied, rendant l'usage d'une monture beaucoup moins nécessaire que chez les humains. Cette particularité contribua à maintenir durablement des formes de mobilité et d'organisation propres à leur peuple. Un autre peuple ancien de Paxia était celui que les sources les plus anciennes désignent comme les **Gens du Terrier**, ancêtres des actuels **Croquepains impériaux**. De tempérament extrêmement craintif et peu porté vers la guerre, ils vivaient dans de vastes cités souterraines composées de galeries, de chambres et de terriers reliés entre eux. Leur préférence pour la discrétion, la stabilité et la négociation semble les avoir poussés à éviter autant que possible les conflits avec leurs voisins plus puissants. Les Gens du Terrier seraient originaires des territoires correspondant aujourd'hui au cœur de l'Empire arkadien et ne semblent s'en être que très rarement éloignés. Aucune implantation ancienne importante n'est connue ailleurs sur Paxia, ce qui laisse supposer que leur expansion géographique fut extrêmement limitée. Les rares éléments disponibles indiquent également qu'ils entretenaient avec certaines hordes yakkut des relations tributaires, probablement en échange de leur protection ou du maintien de leur autonomie. ===== Domaine des Arbres-esprits ===== Les grandes forêts de Paxia abritaient également des êtres dont l'origine semble remonter bien au-delà de l'Âge des premiers peuples : les **Arbres-esprits**. Certains pourraient avoir existé dès l'époque des Nyms, voire avant leur déclin. Ces entités anciennes régnaient sur de vastes domaines forestiers et exerçaient une influence considérable sur les créatures qui y vivaient. Certaines espèces animales ou surnaturelles leur rendaient hommage, tandis que d'autres semblaient directement soumises à leur volonté. Les forêts placées sous leur autorité ne constituaient donc pas de simples espaces sauvages, mais de véritables territoires possédant leurs propres règles et leurs propres maîtres. Les Yakkut conclurent avec les Arbres-esprits un pacte extrêmement ancien qui leur interdisait de s'installer durablement dans ces domaines. Ils pouvaient toutefois y pénétrer pour chasser, récolter du bois, cueillir certaines plantes ou prélever d'autres ressources, à condition de respecter les limites imposées et de s'acquitter de tributs ou d'offrandes. La nature exacte de ce **Pacte** demeure difficile à établir. Les traditions yakkut en conservent plusieurs versions, parfois contradictoires, mais toutes s'accordent sur l'idée que les forêts n'appartenaient pas aux peuples mortels et que leur exploitation ne pouvait se faire qu'avec l'assentiment de leurs anciens gardiens. ===== Premiers royaumes humains ===== Les plus anciennes civilisations humaines connues semblent avoir émergé dans le **sud de Solarys**. Leur foyer originel pourrait se situer dans les jungles correspondant aujourd'hui à la **Sinée**, bien que plusieurs régions aient pu voir apparaître indépendamment des sociétés humaines organisées. Certains érudits supposent que les jungles méridionales auraient servi de refuge aux premières communautés humaines durant la période de domination nymique, leur permettant de se développer à l'écart des grands centres de cette civilisation disparue. C'est en tout cas dans le sud de Solarys que l'on retrouve les plus anciennes traces certaines de grandes communautés humaines sédentaires, puis des premières cités et des premiers royaumes. À partir de ces foyers, les populations humaines se diffusèrent progressivement vers le nord, suivant les côtes, les vallées fluviales et les grandes plaines intérieures. Dans les savanes et les régions arides de l'**Otan Olomaï**, certaines de ces populations domestiquèrent progressivement le cheval. Cette innovation transforma profondément leurs modes de déplacement, de chasse et de guerre et donna naissance aux premières grandes sociétés cavalières humaines. Plusieurs de ces peuples de cavaliers jouèrent par la suite un rôle majeur dans les migrations qui marquèrent l'histoire de Solarys et de Paxia. La colonisation humaine de Solarys fut lente et irrégulière. Elle s'étendit sur de nombreux siècles, progressant principalement du sud vers le nord, au gré des migrations, de la fondation de nouveaux royaumes et de la disparition ou de l'assimilation de peuples plus anciens. À la fin de l'Âge des premiers peuples, les humains occupaient déjà une part importante du continent, tandis que les premières grandes puissances historiques commençaient à émerger. ====== Âge des migrations ====== **env. -5000 à -4200 avant le Débarquement** L'**Âge des migrations** est une période ancienne marquée par de vastes déplacements de populations, des effondrements politiques locaux et de profondes transformations dans l'organisation des peuples de Solarys. Elle occupe une place importante dans la chronologie arkadienne, puisqu'elle correspond notamment à la formation du **royaume des Akkans**, dont le foyer originel pourrait se situer dans l'actuelle **Vallée du Fer**, sur Solarys. Les causes exactes de ces bouleversements se sont perdues avec le temps. Les sources postérieures conservent des récits très différents, souvent mêlés de mythes, de traditions religieuses et de souvenirs déformés. Le **Cantique de l'Ordo**, texte sacré de la religion arkadienne, évoque ainsi une lutte mythique contre les **Ombres**, durant laquelle **Akkanor** serait descendu parmi les hommes afin de soutenir les douze tribus akkannes. Cette interprétation demeure toutefois de nature religieuse et ne permet pas, à elle seule, d'établir la réalité des événements. Dans le sud de Solarys, d'autres traditions attribuent les désastres de cette époque à l'expansion d'un puissant empire méridional aujourd'hui disparu, dont les habitants auraient vénéré des divinités considérées comme abominables par les peuples qui leur succédèrent. D'autres récits encore accusent de vastes hordes monstrueuses venues d'**Orlésie**, auxquelles sont attribuées la destruction de royaumes entiers et l'abandon de nombreuses régions. Aucune de ces explications ne fait aujourd'hui consensus, et il est possible que plusieurs crises distinctes aient été confondues au fil des millénaires. Il semble toutefois certain que le sud de Solarys connut durant cette période un effondrement particulièrement violent. Des populations entières quittèrent leurs terres, certaines progressant vers le nord à travers le continent, d'autres franchissant les mers à la recherche de nouveaux territoires. Ces mouvements provoquèrent à leur tour des conflits, des déplacements secondaires et l'apparition de nouvelles puissances dans les régions où les migrants s'établirent. L'Âge des migrations correspond ainsi aux **premières grandes migrations humaines vers Paxia**. Des groupes venus de Solarys traversèrent la mer et s'installèrent progressivement sur le continent, entrant en contact, puis souvent en conflit, avec les peuples qui y vivaient déjà. Ces migrations marquent le début d'une transformation profonde de Paxia et ouvrent une nouvelle période de son histoire. ===== Premiers humains sur Paxia ===== Au cours de l'Âge des migrations, plusieurs peuples originaires du sud de **Solarys** entreprirent la périlleuse traversée maritime vers **Paxia**. Certains navigateurs connaissaient probablement déjà l'existence du continent avant le début de ces mouvements de population. L'archipel des **Trois Sœurs**, situé entre les deux continents, pourrait notamment avoir servi d'étape intermédiaire et de point d'appui aux premières traversées. Les ancêtres des peuples **nors** semblent avoir compté parmi les premiers groupes humains à s'établir durablement sur Paxia, sans toutefois avoir été les seuls. L'arrivée des hommes sur le continent ne paraît pas correspondre à une migration unique, mais plutôt à une succession de mouvements entrepris par des peuples différents sur plusieurs générations. Certains fuyaient probablement les troubles qui ravageaient alors Solarys, tandis que d'autres purent simplement suivre les routes ouvertes par les premiers navigateurs et les récits de terres disponibles au-delà de la mer. À mesure que les implantations humaines se multiplièrent, les nouveaux arrivants entrèrent en contact avec les grandes hordes **yakkut** qui occupaient déjà une grande partie de Paxia. La nature des premières rencontres demeure inconnue et il est possible que commerce, coexistence et conflits aient longtemps alterné selon les régions. Avec le temps, cependant, la croissance des communautés humaines et leur expansion territoriale entraînèrent des affrontements de plus en plus fréquents. Les humains progressèrent principalement le long du littoral et des grandes vallées accessibles depuis la mer. Bien que les Yakkut fussent généralement plus grands, plus robustes et souvent plus nombreux, les migrants disposaient d'un avantage important dans la maîtrise de la métallurgie du bronze et dans la fabrication d'armes et de protections élaborées. Les armures humaines leur procuraient notamment un avantage considérable dans les affrontements prolongés. Les traditions guerrières yakkut semblent avoir longtemps accordé une grande importance au combat individuel et à l'affrontement entre adversaires placés dans des conditions jugées équitables. Le port d'armures lourdes y était donc relativement peu répandu, ce qui rendit certaines hordes particulièrement vulnérables face à des groupes humains combattant en formations disciplinées et largement protégées. Cette différence ne suffit toutefois pas à expliquer à elle seule l'expansion humaine, qui s'étendit sur plusieurs siècles et connut probablement de nombreux revers. ===== Fondation du royaume akkan ===== À la fin de l'**Âge des migrations**, les douze tribus akkannes fondèrent leur premier royaume dans une région que les érudits identifient généralement à l'actuelle **Vallée du Fer**, sur Solarys. Cette fondation marque l'un des premiers grands retours à la stabilité politique dans le sud du continent après plusieurs siècles de migrations, de guerres et d'effondrements locaux. Le royaume des Akkans semble être devenu rapidement une puissance régionale importante. Les sources postérieures lui attribuent une armée fortement disciplinée, une administration structurée et une culture écrite déjà développée. La maîtrise de l'écriture permit notamment la conservation de traditions religieuses, juridiques et historiques dont certaines furent transmises, sous des formes profondément remaniées, jusqu'aux communautés akkannes des époques ultérieures. La fondation du royaume akkan est généralement considérée comme l'un des événements marquant la fin de l'Âge des migrations. Elle ouvre une période durant laquelle de nouvelles puissances politiques se stabilisent progressivement sur Solarys, tandis que les communautés humaines établies sur Paxia poursuivent leur expansion parmi les peuples plus anciens du continent. ====== Âge des royaumes ====== **env. -4200 à -2800 avant le Débarquement** L'**Âge des royaumes** correspond à une longue période de consolidation politique durant laquelle apparaissent de nombreux États durables, dont certains laisseront des héritages encore visibles à l'époque actuelle. L'usage de l'écriture se répand progressivement, ce qui rend cette période sensiblement mieux connue que les âges précédents. Les sources restent fragmentaires et souvent partiales, mais elles permettent déjà de reconstituer certaines dynasties, guerres et relations entre royaumes. Sur les côtes septentrionales de **Solarys**, plusieurs puissances importantes se structurent, notamment dans les régions correspondant aujourd'hui au **Levant** et à **Zarnor**. Plus au sud, le **royaume akkan** étend son influence sur une partie importante du continent et s'impose comme l'une des principales puissances de son époque. Dans les vastes landes du nord de Solarys apparaît également le **royaume de Langaroth**. C'est là que semble avoir été redécouverte la **Magie de la voix**, probablement à partir de vestiges ou de connaissances tirées des anciennes ruines nyms. Cette découverte donne naissance aux premières grandes traditions magiques humaines connues. Le savoir se diffuse progressivement à travers Solarys avant d'atteindre Paxia, suscitant un intérêt nouveau pour les ruines et les artefacts laissés par les Nyms. Cette redécouverte ne signifie toutefois pas que les hommes aient égalé leurs prédécesseurs. Les pratiques magiques de l'époque restent rudimentaires, dangereuses et imparfaitement comprises. Les humains parviennent à reproduire certains effets attribués aux Nyms, mais leur maîtrise demeure très inférieure à celle que suggèrent les vestiges anciens. L'exploration des ruines nymiques devient néanmoins un domaine de prestige, de convoitise et parfois de rivalité entre souverains. Sur **Paxia**, les premiers siècles de conflits entre humains et Yakkut laissent progressivement place à une situation plus stable, sans pour autant faire disparaître les affrontements. Les Yakkut apprennent à mieux combattre les nouveaux arrivants et adaptent leurs méthodes à leurs équipements et à leurs formations. De leur côté, les populations humaines fondent plusieurs royaumes principalement établis le long des côtes, des vallées et des régions les plus facilement accessibles depuis la mer. Ces royaumes demeurent cependant soumis à une pression constante des grandes hordes yakkut. Face à l'expansion humaine, certaines d'entre elles s'unissent parfois en vastes coalitions capables de rassembler des forces considérables. Ces alliances restent toutefois fragiles, les rivalités entre hordes, les conflits de prestige et les anciennes querelles tribales provoquant régulièrement leur éclatement. Cette instabilité empêche longtemps les Yakkut de constituer une puissance politique suffisamment durable pour repousser définitivement les royaumes humains hors de Paxia. ===== Découverte de la magie de la voix ===== Les terres de **Langaroth** sont couvertes de vestiges très anciens : ruines oubliées, pierres gravées et monolithes dont l'origine remonte probablement à l'époque des Nyms. Pendant longtemps, ces lieux furent considérés comme maudits et soigneusement évités par les populations locales. Après la fondation du premier royaume de Langaroth, lui-même issu d'une longue période de conflits entre les tribus de la région, un événement aujourd'hui mal connu poussa cependant certains hommes à entreprendre l'étude de ces vestiges. C'est dans ces ruines que furent redécouverts les premiers **Mots de pouvoir**. Prononcés correctement, ceux-ci permettent de donner une forme et une structure à l'énergie qu'un individu né avec le **Don** peut puiser dans le **Voile**. Cette découverte constitue l'origine connue de la **Magie de la voix** et marque la naissance des premières traditions magiques humaines véritablement structurées. Avant cette époque, les individus nés avec le Don étaient souvent considérés avec crainte et maintenus à l'écart des communautés. Incapables de contrôler réellement leur lien avec le Voile, ils pouvaient manifester leur pouvoir de manière brutale et imprévisible, notamment sous l'effet de la peur, de la colère ou d'autres émotions violentes. Certaines traditions anciennes avaient tenté d'encadrer ces manifestations ou d'apprendre aux porteurs du Don à les maîtriser, mais sans jamais parvenir à leur fournir un véritable langage capable de structurer la magie. Les Mots de pouvoir changèrent profondément cette situation. Pour la première fois, les porteurs du Don disposaient d'un outil leur permettant de canaliser leur pouvoir, de reproduire volontairement certains effets et, surtout, de transmettre une partie de leur savoir. Les premières lignées de mages, écoles et traditions magiques apparurent progressivement à partir de cette découverte avant que leurs connaissances ne se diffusent à travers Solarys, puis jusqu'à Paxia. Les mages de cette époque semblent avoir suscité la méfiance et parfois la crainte, mais les sources ne montrent pas encore le rejet profond qui leur est fréquemment associé aujourd'hui. Cette hostilité paraît s'être développée plus tardivement et pourrait avoir été alimentée, au moins en partie, par les mages eux-mêmes. La pratique répétée de la magie expose en effet les porteurs du Don au **Fell**, dont les effets peuvent altérer aussi bien le corps que l'esprit. Au fil des siècles, certains mages sombrèrent dans la folie, tandis que d'autres devinrent progressivement plus ambitieux, violents ou dominateurs. L'apparition de puissants individus capables d'imposer leur volonté par la magie contribua probablement à transformer une ancienne méfiance en une peur profondément enracinée dans de nombreuses cultures. ===== Fin du Pacte ===== Les premières populations humaines installées sur **Paxia** semblent avoir conclu, à leur tour, des accords avec les **Arbres-esprits**, reprenant en partie les usages déjà observés par les Yakkut. Ces pactes permettaient aux communautés humaines de prélever certaines ressources dans les domaines forestiers, à condition de respecter les interdits imposés par leurs anciens gardiens et de s'acquitter de tributs, d'offrandes ou de services. Avec le développement des royaumes humains, cet équilibre devint cependant de plus en plus difficile à maintenir. Les besoins en bois augmentèrent considérablement avec la croissance des villes, la construction de fortifications, l'essor de la navigation et l'extension des terres cultivées. Les limitations imposées par les Arbres-esprits, acceptables pour de petites communautés, devinrent progressivement incompatibles avec les besoins de sociétés plus nombreuses et plus organisées. Leur autorité fut également de plus en plus contestée. Certains souverains supportaient mal que des populations vivant sur leurs terres reconnaissent à des entités forestières le droit de réglementer l'accès à des régions entières, voire leur rendent un culte au détriment des divinités humaines. De leur côté, les Arbres-esprits ne raisonnaient pas selon les usages des royaumes mortels. Leurs décisions pouvaient sembler changeantes ou arbitraires : une coupe autorisée durant une génération pouvait être interdite la suivante, un territoire jusque-là accessible pouvait soudain être fermé, et certaines offenses apparemment mineures suscitaient des réactions d'une violence disproportionnée aux yeux des hommes. La rupture fut progressive. Certaines communautés commencèrent par ignorer ponctuellement les obligations du Pacte, à prélever davantage de bois ou à pénétrer dans des zones interdites. Les représailles des Arbres-esprits et des créatures qui leur étaient liées provoquèrent en retour des expéditions punitives humaines. Chaque affrontement nourrissait le suivant, jusqu'à transformer d'anciens accords de coexistence en conflits ouverts. Il demeure impossible de savoir si la **Fin du Pacte** correspondit à un vaste mouvement coordonné ou à une multitude de guerres locales s'étendant sur plusieurs générations. Les sources disponibles semblent plutôt indiquer une succession de ruptures, d'incendies, de représailles et de campagnes menées contre les domaines forestiers. Des forêts entières furent incendiées afin d'en chasser les créatures ou d'atteindre leurs maîtres, tandis que plusieurs Arbres-esprits furent abattus directement par les hommes. Au fil des siècles, ces entités pourtant millénaires disparurent progressivement d'une grande partie de Paxia. Les forêts reculèrent avec l'expansion des royaumes humains, et les survivants des anciens domaines furent repoussés vers des régions toujours plus isolées. La disparition des Arbres-esprits marque ainsi l'un des grands bouleversements de l'histoire paxienne : la fin d'un ordre ancien dans lequel les peuples mortels partageaient encore le continent avec des puissances capables de revendiquer elles-mêmes la souveraineté sur la terre. ====== Âge des conquêtes ====== **env. -2800 à -2300 avant le Débarquement** L'**Âge des conquêtes** correspond à une période de bouleversements majeurs sur **Solarys** comme sur **Paxia**. De nouvelles puissances apparaissent, de vastes mouvements de population reprennent et plusieurs royaumes anciens disparaissent. Cette période est notamment marquée par l'ascension d'**Arrax**, qui entreprend l'unification militaire de Solarys, ainsi que par une seconde grande migration humaine vers Paxia. ===== Conquêtes d'Arrax ===== Au cours de l'Âge des conquêtes, la place des mages dans les sociétés humaines de **Solarys** devient de plus en plus importante. Plusieurs traditions magiques se structurent, les connaissances issues de la **Magie de la voix** se diffusent et certains porteurs du Don accèdent à des fonctions politiques, militaires ou religieuses de premier plan. C'est dans ce contexte qu'un roi-magicien monte sur le trône de **Langaroth**. Son nom, **Arrax**, deviendra l'un des plus célèbres et des plus redoutés de toute l'histoire de Solarys. Poussé par la volonté d'étendre son pouvoir et d'unifier les peuples humains sous une même autorité, Arrax entreprend une longue série de conquêtes. Les raisons profondes de cette entreprise restent difficiles à établir. Certaines traditions lui attribuent une ambition purement impériale, tandis que d'autres évoquent un dessein plus vaste, politique, religieux ou magique, dont la nature se serait perdue avec le temps. Ses armées quittent les landes de Langaroth et progressent vers l'ouest et le sud en suivant notamment les côtes septentrionales de Solarys. Les royaumes du **Levant**, de **Zarnor** et des régions voisines deviennent progressivement les premières grandes cibles de cette expansion. C'est également durant cette période qu'Arrax aurait accompli, par un procédé aujourd'hui totalement inconnu, un rituel lui conférant l'**immortalité**. Selon certains récits, il aurait entrepris cette transformation à l'approche de la vieillesse, refusant de mourir avant d'avoir achevé son œuvre d'unification. D'autres traditions soutiennent au contraire qu'Arrax n'aurait jamais été véritablement humain et qu'il aurait toujours été une créature surnaturelle, voire un démon, dissimulé sous l'apparence d'un homme. La réalité de ces récits demeure impossible à établir. Il semble toutefois certain qu'Arrax régna durant une période dépassant de très loin la durée normale d'une vie humaine, ce qui contribua considérablement à la continuité de ses conquêtes et à la centralisation progressive de son pouvoir. Fort de cette longévité exceptionnelle, Arrax poursuit ses campagnes et fonde progressivement un empire couvrant une part toujours plus importante de Solarys. Les royaumes anciens tombent les uns après les autres. Certains sont vaincus au terme de longues guerres, d'autres se soumettent, concluent des alliances ou sont intégrés par la force à l'ordre impérial naissant. Les conquêtes d'Arrax bouleversent profondément l'équilibre politique du continent et mettent progressivement fin au monde issu de l'**Âge des royaumes**. ===== Seconde migration vers Paxia ===== Dans le même temps, une nouvelle vague de populations venues de Solarys atteint **Paxia**. Ces migrants, que les sources postérieures regroupent souvent sous le nom de **Peuples des chevaux**, se distinguent des migrations précédentes par leur maîtrise de l'équitation et du travail du fer. Ils introduisent sur Paxia l'usage généralisé du **cheval comme monture**, ainsi que des techniques métallurgiques plus avancées. Ces innovations transforment rapidement les pratiques militaires du continent. Des guerriers capables de se déplacer rapidement sur de longues distances, protégés par des armes et des équipements de fer, disposent d'un avantage considérable sur de nombreuses populations établies. Les Peuples des chevaux ne formaient probablement pas une population unique, mais un ensemble de tribus et de peuples apparentés partageant certaines pratiques, langues et traditions. Plusieurs populations modernes, notamment les **Illiens** et les ancêtres des **Kadoriens**, semblent descendre au moins en partie de ces migrants. ===== Recul des Yakkut ===== L'arrivée des Peuples des chevaux modifie profondément l'équilibre de Paxia. Les grandes hordes **yakkut**, qui avaient déjà appris à contenir l'expansion des royaumes humains côtiers, doivent désormais affronter des adversaires beaucoup plus mobiles. Certaines populations issues de cette nouvelle migration adoptent elles-mêmes un mode de vie nomade ou pastoral, entrant directement en concurrence